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L’hégémonie d’Amazon dans le cloud computing est-elle menacée ?

Pour la première fois, Amazon Web Services perd du terrain en faveur de ses plus gros concurrents dans le cloud computing, hors logiciel à la demande. Et c’est Microsoft et IBM qui profitent le plus de ce retournement, au point de contester son hégémonie. Vont-ils pour autant le détrôner ? Pas à court terme.
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L’hégémonie d’Amazon dans le cloud computing est-elle menacée ?
L’hégémonie d’Amazon dans le cloud computing est-elle menacée ? © @Stekaba - Flickr c.c.

Le vent est-il en train de tourner dans le cloud computing ? L’hégémonie d’Amazon Web Services sur le marché, hors logiciel à la demande (Saas), commence peut-être à être sérieusement contestée. Les chiffres du deuxième trimestre 2014, publiés par le cabinet Synergy Research, ont de quoi l’inquiéter. Pour la première fois, il pèse moins que ses quatre plus gros concurrents réunis : Salesforce, Microsoft, IBM et Google. Ensemble, ils le dépassent désormais de 4% en chiffre d’affaires, alors qu’il disposait d’une avance de 10% au trimestre précédent.

Certes, il n’y pas péril en la demeure. Amazon Web Services, qui constitue depuis 2006 le bras armé d’Amazon.com dans le cloud computing, demeure de loin le leader du marché de l’énergie numérique à la demande, avec une part de 28%, trois fois celle du numéro deux Microsoft et quatre fois celle du numéro trois IBM. "Mais il est clairement en difficulté et fait maintenant face à une concurrence féroce, estime John Dinsdale, directeur de recherche chez Synergy Research. S’il conserve sa position de leader, il perd au moins une pierre précieuse de sa couronne."

Depuis mars 2014, la guerre des prix dans l’énergie numérique à la demande fait rage. Et c’est Amazon Web Services qui semble en pâtir le plus. Certes, il continue à engranger de nouveaux clients à un rythme soutenu, comme en témoigne l’augmentation de 90% du volume d’utilisation de sa plate-forme en un an. Mais la baisse de ses tarifs de 28 à 51% selon les services au premier semestre 2014 ralentit la progression de ses revenus. Sa croissance atteint 49% au deuxième trimestre 2014. C’est mieux que les 45% de l’ensemble du marché. Mais c’est moins que les 67% affichés au premier trimestre 2014. Résultat : sa part de marché ne bouge plus depuis un an.

LA GUERRE DES PRIX MENACE SA COURONNE

Cette situation profite tout particulièrement à Microsoft et IBM, qui explosent littéralement avec des bonds respectifs de 164% et 86%. Ils récoltent les fruits des investissements massifs qu’ils ont consentis dans le cloud computig. Ils bénéficient aussi d’un portefeuille historique de clients en grandes entreprises et administrations à faire migrer vers le cloud, alors qu’Amazon Web Services doit acquérir ses clients à partir de zéro. Ils revendiquent chacun plus de 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires trimestriel dans l’informatique en nuage. Soit autant, voire plus, qu’Amazon Web Services. "Mais une grand partie de ces revenus provient de la vente de logiciels, matériels ou services liés au cloud", tempère John Dinsdale. Google, qui a lancé la guerre des prix dans l’objectif de se faire une place au soleil, peine à s’imposer même si, avec une croissance de 67%, il fait mieux qu’Amazon Web Services.

Seuls Microsoft et IBM semblent donc en mesure de contester la domination d’Amazon Web Services. Vont-ils le détrôner ? Ils en ont l’ambition et les moyens. Mais cela paraît difficile. "Amazon garde une sacrée avance sur ses concurrents, estime Romain Chaumais, directeur associé chez Ysance, cabinet parisien de conseil en numérique. Et cela se voit dans son écosystème, qui reste de loin le plus puissant du marché." Le leadership d’Amazon Web Services recule mais n’est pas près de s’écrouler. Du moins pas à court terme.

Ridha Loukil

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