Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

LOM : Quel est le plan du gouvernement pour promouvoir le covoiturage du quotidien ?

Avec la loi d'orientation des mobilités, dite LOM, le gouvernement souhaite mettre entre les mains des collectivités de nouvelles solutions pouvant être utilisées par les collectivités pour améliorer le transport sur leur territoire. Le covoiturage domicile travail fait partie des solutions que le gouvernement veut largement développer, notamment via la mise en place de voies dédiées et de subventions pour les conducteurs.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

LOM : Quel est le plan du gouvernement pour promouvoir le covoiturage du quotidien ?
LOM : Quel est le plan du gouvernement pour promouvoir le covoiturage du quotidien ? © Blablacar

Le gouvernement souhaite avoir "3 millions de covoitureurs du quotidien d'ici 5 ans". Un objectif ambitieux affirmé par Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, jeudi 28 novembre 2019. Aujourd'hui seul un million de personnes covoiturent chaque matin pour aller travailler alors que 70% des trajets domicile travail se font en voiture et que dans 9 cas sur 10 la personne est seule dans le véhicule. L'Etat veut donc "tripler la part modale [du covoiturage, ndlr] pour l'apporter à 9% des trajets domicile travail", précise Elisabeth Borne.

 

Pour favoriser l'essor du covoiturage du quotidien, le Gouvernement a introduit des outils dans la loi d'orientation des mobilités, dite LOM, qui a été adoptée par l'Assemblée nationale. Mais pour que le covoiturage décolle vraiment, il faut que l'Etat, les collectivités territoriales et les entreprises s'entendent pour favoriser son essor via les acteurs du covoiturage existants.

 

Un subventionnement nécessaire ?

BlaBlaLines (une branche de BlaBlaCar), Ecov, Klaxit ou encore Karos, nombreux sont les acteurs à proposer une solution de covoiturage courte distance. Les start-up lancent par elles-mêmes des lignes de covoiturage ou se rapprochent d'entreprises ou de collectivités. Si leur modèle peut être différent, tous les acteurs du covoiturage ont besoin d'atteindre une masse critique suffisante d'utilisateurs pour proposer un service répondant aux attentes.

 

Un frein à prendre en compte est le gain financier pour la personne conduisant : contrairement aux grandes distances, celui-ci est moindre. Ainsi, pour inciter les conducteurs il est possible de subventionner le covoiturage. Par exemple, BlaBlaLines, comme d'autres acteurs du covoiturage, a bénéficié du programme de communication et de subventionnement mis en place par Ile-de-France Mobilités. L'établissement public, qui subventionne de 1,50 à 3 euros par trajet passager effectué et vérifié, incite ainsi les automobilistes à covoiturer. "Ce modèle est répliquable", assure le président de BlaBlaCar Frédéric Mazzella.

 

Fort de son expérience dans le covoiturage longue distance, BlaBlaCar a lancé ses propres lignes pour la courte distance et subventionné lui-même les conducteurs : "la croissance de l'usage a triplé entre septembre et fin novembre", affirme Frédéric Mazzella. Mais le géant du covoiturage ne peut pas subventionner lui-même indéfiniment son propre service... C'est un appel aux collectivités et aux entreprises qui, depuis la LOM, peuvent financer le covoiturage de leurs employés. Si le gouvernement semble vouloir inciter les entreprises et les collectivités à aller dans ce sens, aucun chiffre sur les montants à débourser pour atteindre les 3 millions de covoitureurs du quotidien n'est donné. Ni la durée de telles subventions.

 

Des lignes dédiées

Une autre solution pouvant inciter les personnes à ne plus prendre leur voiture seules est la création de voies dédiées au covoiturage. Un système plébiscité par Autoroutes et Tunnel du Mont Blanc (ATMB) : "Le gouvernement a raison de miser sur le déploiement de voies de covoiturage réservées sur autoroute", déclare son directeur général Philippe Redoulez.

 

L'exploitant autoroutier a mis en place en octobre 2018 une voie transfrontalière dédiée au covoiturage au niveau de la douane Thônex-Vallard sur l'A411 qui marque la frontière entre la France et la Suisse. Cette voie d'une longueur de 500 mètres est en activité aux heures de pointe uniquement. Le premier bilan de l'expérimentation, réalisé après les six premiers mois, est plutôt positif. Le gain de temps pour les personnes en covoiturage se situe entre 30 secondes et une minute, mais le tronçon n'est que de 500 mètres.

 

Grâce à cette voie, 80 véhicules supplémentaires par jour transportent des covoitureurs. Si la voie est globalement respectée par les automobilistes, il faut tout de même améliorer le dispositif de contrôle. C'est pourquoi ATMB va tester deux systèmes de caméras à comptage d'occupant, avec à terme une barrière qui s'abaisse en cas de fraude. Une solution de contrôle automatisée qui est possible grâce à l'adoption de la LOM.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media