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"Avec l'arrivée d'Apple et de Google sur le marché de la musique, y'aura-t-il de la place pour Spotify et Deezer ?", s'interroge Philippe Bailly

Entretien Philippe Bailly dirige NPA Conseil, une société qui accompagne dans leur transformation numérique les médias et les industries de contenus. Il décrypte pour L'Usine Digitale la situation de Deezer qui a annoncé mardi 27 octobre annuler son introduction en bourse. Et si derrière la situation de marché, il y avait un bug dans le modèle économique de Deezer.
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Avec l'arrivée d'Apple et de Google sur le marché de la musique, y'aura-t-il de la place pour Spotify et Deezer ?, s'interroge Philippe Bailly
"Avec l'arrivée d'Apple et de Google sur le marché de la musique, y'aura-t-il de la place pour Spotify et Deezer ?", s'interroge Philippe Bailly © NPA Conseil

L'Usine Digitale : Comment interprétez-vous l'annonce par Deezer de l'annulation de leur entrée en bourse ?

 

Philippe Bailly : c'est un événement très rare. Sur le marché de la musique en ligne sont arrivés récemment des entreprises comme Apple ou Google Music. Ce sont de nouveaux intervenants qui ont du temps pour s'installer puisque leur modèle économique ne repose pas uniquement sur la musique. Ils gagnent de l'argent ailleurs.

 

En outre, pour le cas d'Apple, quiconque possède un iPhone sait qu'en matière d'expérience utilisateur, ils ont une capacité à intégrer l'offre de musique. Quand vous entrez une recherche, les liens vers Apple Music sont intégrés. Enfin, ces nouveaux concurrents possèdent une offre très riche.

 

Dans un tel marché, trouver une place pour un indépendant sera très difficile face à ces entreprises qui ont la main sur des terminaux ou des OS. La question qui se pose est de savoir s'il y aura de la place pour un ou deux acteurs. Autrement dit, y'aura-t-il de la place pour Spotify et Deezer ? Ou pour le seul Spotify ?

 

D'où vient l'avance de Spotify ?

 

Ils ont un avantage lié à leur nombre d'abonnés actuellement. Ils ont été plus prudents aussi en refusant d'aller se financer sur les marchés financiers, où l'on n'est jamais à l'abri d'un mouvement de panique. Ils se sont ainsi protégés de la volatilité des marchés.

 

Ils semblent avoir mieux réussi à transformer leurs utlisateurs gratuits en abonnés payants. Deezer avait une forte inclusion de clients qui avaient accès à ses services via les forfaits d'opérateur.

 

Je pense qu'il y a aussi une autre différence culturelle. Spotify possède une base d'abonnés fidèles en Scandinavie. Ils sont très forts sur leur marché d'origine qui leur sert à la fois de camp retranché et de base de lancement.

 

Ce retrait traduit-il le fait qu'aujourd'hui, le marché de la musique en streaming est définitivement global et qu'il n'y a plus de places pour des acteurs locaux ?

 

C'est un marché très proche de celui de la vidéo à la demande. Il y a d'un côté des acteurs globaux, à même d'acheter des droits mondiaux qu'ils proposent ensuite dans le monde entier.

 

Mais il y a de la place pour des stratégies de niche. Dans la musique, Qobuz a parié sur la qualité du son, sans avoir vraiment réussi pour l'instant.

 

Une entreprise pourrait très bien se développer en se différenciant par son ancrage local, en dénichant de jeunes talents, en créant des liens avec les scènes locales, en offrant un répertoire plus large, en multipliant les partenariats avec les festivals. C'est une vraie stratégie de résistance.  

 

NPA organise mardi 3 novembre une journée de réflexion sur l'avenir des médias avec Le Figaro

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