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Facebook fait appel de la décision de l'autorité britannique l'enjoignant à vendre Giphy

La Competition and Markets Authority (CMA) a demandé à Meta de revendre Giphy fin novembre. Le propriétaire de Facebook fait appel de cette décision qui conclut que l'acquisition de Giphy va "réduire la compétition entre les plateformes de réseaux sociaux et que l'accord a déjà éliminé Giphy en tant que challenger potentiel sur le marché de la publicité".
mis à jour le 24 décembre 2021 à 09H34
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Facebook fait appel de la décision de l'autorité britannique l'enjoignant à vendre Giphy
Facebook fait appel de la décision de l'autorité britannique l'enjoignant à vendre Giphy © Unsplash

Mise à jour le 24/12/2021 : Meta a interjeté appel jeudi 23 décembre 2021 de la décision de l'autorité britannique en charge de la concurrence lui enjoignant de revendre Giphy et demandé la suspension de cette ordonnance. Le propriétaire de Facebook assure que les preuves ne permettent pas de conclure que l'accord constitue une menace pour ses rivaux ou pourrait avoir un impact sur la concurrence dans le domaine de la publicité display.

"La décision d'empêcher l'acquisition est erronée sur les plans du droit et des faits, et la preuve n'appuie pas les conclusions de la CMA", a déclaré un porte-parole de Meta, des propos rapportés par Reuters. Pour rassurer la Competition and Markets Authority (CMA) britannique, Reuters rapporte que Meta a affirmé qu'il ne modifierait pas les conditions d'accès à Giphy pour les concurrents, ni ne collecterait de données supplémentaires à partir de l'utilisation de GIF, qui n'ont pas de mécanismes de suivi en ligne tels que des pixels ou des cookies.


Article original : L'autorité britannique en charge de la concurrence demande à Meta (anciennement Facebook) de revendre Giphy. Après de longs mois d'enquête, la Competition and Markets Authority (CMA) a rendu son avis définitif le 30 novembre 2021. Elle juge que cette acquisition peut nuire à la fois aux utilisateurs des réseaux sociaux et aux annonceurs britanniques. Meta avait annoncé l'acquisition de Giphy en mai 2020. Une opération dont le montant s'est situé entre 300 et 400 millions de dollars.

Les réseaux sociaux et la publicité
Avec cette acquisition, Meta est en capacité de limiter ou d'empêcher d'autres réseaux sociaux d'accéder à Giphy, ramenant plus de trafic vers ses propres services (Facebook, Instagram, WhatsApp) qui agrègent déjà 73% du temps passé sur les réseaux sociaux au Royaume-Uni. Meta peut également changer les conditions d'accès à Giphy en demandant aux autres opérateurs de réseaux sociaux (TikTok, Twitter ou Snapchat) de fournir plus de données sur les utilisateurs pour accéder aux services de Giphy.

Dans le cadre de son enquête, la CMA s'est aussi penchée sur les effets de l'acquisition dans le secteur de la publicité en ligne. Les services de Giphy avaient le potentiel de concurrencer ceux de Facebook d'après elle, et auraient encouragé l'innovation sur ce secteur. Avant la fusion, "Giphy avait lancé des services publicitaires innovants qu'elle envisageait d'étendre à des pays autres que les Etats-Unis, y compris le Royaume-Uni, écrit la CMA. Les services de Giphy ont permis à des entreprises – telles que Dunkin' Donuts et Pepsi – de promouvoir leurs marques à travers des images animés".

Meta a mis fin aux services publicitaires de Giphy au moment de la fusion, éliminant une source de compétition potentielle. Un point essentiel aux yeux de la CMA, puisque Facebook contrôle déjà près de la moitié du marché à 7 milliards de livre sterling (9 milliards de dollars) de la publicité en ligne aux Royaume-Uni.

Pour répondre à ces inquiétudes, la seule possibilité envisagé par l'autorité est la vente de Giphy auprès d'un acheteur approuvé. L'autorité britannique a déjà émis une amende de 50,5 millions de livre sterling (68 millions de dollars) à l'encontre de Meta pour ne pas avoir tenu au courant l'autorité britannique de ses efforts visant à garder Giphy séparé de la maison-mère en attendant sa réponse concernant cette fusion. Meta n'avait pas fait appel de cette amende. Toutefois, aujourd'hui l'entreprise se dit en désaccord avec la décision de la CMA et envisage de faire appel.

Une première pour le régulateur anglais
Cette décision est une première pour le régulateur anglais. Il n'avait jamais auparavant demandé à une grande société technologique de revenir sur une acquisition déjà conclue. L'Union européenne ne s'est pas penchée sur cette acquisition et l'Australie est toujours en train de mener son enquête sur ce sujet, selon Bloomberg.

Les autorités de la concurrence, notamment en Europe, semblent regarder de plus près les acquisitions réalisées par les géants technologiques. Les critiques se font de plus en plus nombreuses quant aux acquisitions par ces très grandes entreprises de leurs concurrents potentiels. Des acquisitions qui surviennent souvent avant que le concurrent ne puisse suffisamment se développer, selon Bloomberg.

L'exemple de l'acquisition d'Instagram par Facebook est souvent cité comme un tournant dans les démarches engagées par les autorités de la concurrence. Ces dernières ont laissé l'acquisition se poursuivre sans mener d'enquête approfondie ou imposer des garde-fous. Désormais, elles semblent regarder de plus près ce que font ces entreprises.

Que va donner cette décision de la CMA ? Si Meta fait appel, il va encore se passer de long mois avant qu'une nouvelle décision soit rendue. Pendant ce temps, Giphy est déjà intégré à Meta et ses services publicitaires ont depuis longtemps été supprimés. A noter que l'autorité de la concurrence britannique a également ouvert une enquête approfondie sur le rachat à 40 milliards de dollars d'Arm par Nvidia.

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