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BlackBerry ne parle (presque) plus de smartphone mais (énormément) de sécurité

Après près de deux ans sous la direction de John Chen et quatre rachats stratégiques, le BlackBerry nouveau se dessine sous la forme d'une galaxie de solutions sécurisant les communications, les données des mobiles et des objets connectés de toutes les marques. C'est ce qu'ont présenté le PDG et le top management de l'ex-leader des smartphones lors du BlackBerry Security Summit à New York, ce 23 juillet, sans jamais évoquer leurs propres appareils…

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BlackBerry ne parle (presque) plus de smartphone mais (énormément) de sécurité
John Chen, CEO de BlackBerry, au BlackBerry security summit, le 23 juillet à New York. © Charles Foucault

Au lendemain de l'annonce du rachat de l'entreprise californienne AtHoc, spécialiste de la communication de crise, BlackBerry tenait ce 23 juillet sa conférence annuelle "BlackBerry Security Summit", à New York. "C'est normal que nous parlions peu de nos appareils, C'est un événement sur la sécurité !", se défend Marty Beard, le directeur des opérations du groupe canadien lorsqu'on lui dit que les devices BlackBerry n'ont pas même été évoqués. N'empêche, tout tend à montrer que l'ex n°1 des smartphones a fini par accepter qu'il ne rattrapera plus son retard sur ce marché (avec moins de 1% des parts), sans toutefois s'en retirer ni confirmer la rumeur de la sortie imminente d'un téléphone BlackBerry tournant sous Android. "Ce n'est qu'une rumeur, balaie le vice-président en charge de la stratégie Jeff Holleran. Nous continuerons de faire des téléphones car nous avons des clients qui veulent des solutions sécurisées jusqu'au bout, les gouvernements en particulier."

 

Mais le canadien se concentre désormais sur son principal atout, dont il veut faire une vitrine : les solutions de sécurité pour les entreprises et organisations. "Cela fait 21 mois que je suis là, a lancé le PDG John Chen en guise d'introduction, et je sais depuis le début que la sécurité est notre force et que ce marché évolue très vite." Sur le premier trimestre de son exercice fiscal 2016, BlackBerry est revenu dans le vert avec un chiffre d'affaires de 658 millions de dollars (pour 123 millions de dollars de bénéfices)… parmi lesquels 60% ont été réalisés dans le service, le logiciel ou la licence de technologies et 40% dans le hardware. "Nous souhaitons atteindre 500 millions de dollars de chiffre d'affaires rien que dans les softwares", confie Jeff Holleran.

 

Les récentes acquisitions du groupe le confirment. L'entreprise allemande Secusmart qui chiffrait notamment les appels téléphoniques et les échanges de données d'Angela Merkel depuis le scandale Prism a été rachetée par le canadien en juillet 2014. En septembre c'était au tour de la britannique Movirtu qui permet d'utiliser deux numéros sur un même téléphone grâce à sa technologie de carte SIM virtuelle de tomber dans l'escarcelle du canadien. Elle fut rejointe en avril 2015 par Watchdox, une entreprise basée à Palo-Alto (USA) et en Israël proposant un système sécurisé d'échanges de fichiers. Enfin, ce 22 juillet, BlackBerry a annoncé l'acquisition d'AtHoc, une entreprise californienne qui crée des réseaux sécurisés entre les organisations pour qu'elles puissent partager des informations lorsque les canaux classiques ne fonctionnent plus ou que la donnée est trop sensible pour emprunter les chemins traditionnels.

 

"La sécurité pour l'entreprise c'est la data volée ou vue par d'autres, la sécurité pour un individu c'est la vie privée, a distingué John Chen. Nous voulons proposer la plate-forme mobile la plus sécurisée possible."

 

Sécurité pour tous les objets connectés… même les ordinateurs

 

Une ambition qui va bien au-delà des smartphones. Tout cela s'intègre peu à peu dans la plate-forme de gestion de terminaux mobiles BES12 compatible non seulement avec les appareils BlackBerry, mais aussi avec ceux dotés des systèmes d'exploitation Android de Google, iOS d'Apple et Windows de Microsoft. Elle peut également gérer les données fournies par des équipements médicaux, des machines industrielles, des voitures...

 

David Kleidermacher, responsable de la sécurité de l'entreprise assure qu'elle est en train de prendre une place importante dans la gestion des objets connectés critiques. "Nous travaillons avec le gouvernement américain sur l'intégration dans le mobile du badge d'accès des collaborateurs, raconte-t-il. Demain nous pourrons faire de même pour les passeports, les permis de conduire…" Les avantages sont multiples : moins de perte, économie du coût de fabrication des badges ou documents, modification logicielle possible de la clef virtuelle…

 

BlackBerry compte aussi prendre sa part du marché grossissant de la santé connectée. "Il sera bientôt possible de gérer des dispositifs vitaux comme une pompe à insuline à l'aide d'un téléphone doté de nos outils de sécurité, reprend le dirigeant. Nous en avons déjà les capacités techniques mais un problème d'assurance qualité demeure, il n'y a pas de standards indépendants et universels pour certifier de telles technologies." Pour que cela ne soit plus un point bloquant, "BlackBerry s'est impliqué, aux côtés de fabricants de matériel, d'hôpitaux, de la Food and drug administration américaine et d'autres pour fonder la 'Cybersecurity assurance initiative', une association à but non lucratif dont l'objectif est de définir ces standards", explique David Kleidermacher.

BlackBerry travaille sur la gestion des objets connectés, ici, une pompe à insuline.

Une offre protéiforme qui viendrait compléter la position du canadien dans l'internet des objets, marché sur lequel il est pour l'instant présent avec QNX, système d'exploitation temps réel "qui équipe déjà 16 millions de véhicules", affirme Jeff Holleran. Le responsable de la stratégie nous confie d'autre part que tout cet écosystème de solutions sécurisera aussi des ordinateurs dans un futur très proche.

 

"Aujourd'hui, le marché adressable des objets, machines et individus à connecter s'élève déjà à 14 milliards de dollars", estime Marty Beard. Les Apple, Google, Windows, Samsung et autres laisseront-ils à BlackBerry le loisir de sécuriser les échanges et données qui transitent par leur produits ou lui couperont-ils l'herbe sous le pied en développant leur propres solutions dans un monde régi par la data ? L'avenir nous le dira. Celui de BlackBerry en dépend.

WatchDox bientôt en France… et en français

Tim Choi était déjà product manager quand WatchDox était une start-up de 85 personnes développant un outil d'échanges sécurisés de fichiers, sorte de Dropbox pour pro voulant partager des données sensibles.

Quand BlackBerry a racheté l'entreprise en avril dernier, il s'est retrouvé propulsé product manager du groupe canadien et se dit ravi de pouvoir s'appuyer sur ses compétences à l'international.

C'est ainsi que WatchDox est déjà sorti au Japon et sortira "au troisième trimestre de cette année en France et en français", nous confie-t-il. Un choix qui a trait aux racines canadiennes de BlackBerry, mais aussi "à la puissance de certains acteurs français dans l'aérospatial et la défense, le nucléaire et les fusions-acquisitions." Des cibles privilégiées pour son produit.

Viendront ensuite les versions allemandes, italiennes, espagnoles...

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