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En attendant un OS universel, trois leviers pour unifier l'internet des objets

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Si l'émergence d'un système d'exploitation commun (à l'image d' iOS et Android pour les smartphones) devrait se faire attendre, le secteur des objets connectés peut s'unifier via d'autres leviers. En voici trois.

Puisque la structuration du marché des objets connectés autour de systèmes d'exploitation dominants n'est pas pour demain, quelles peuvent être les facteurs d'uniformisation du secteur ? L'Usine Digitale a identifié trois pistes.

1. Des box centralisant les données

Faire interagir les objets connectés avec un autre objet "physique", qui récupèrerait et exploiterait les données, c'est la solution généralement choisie par les fabricants d'objets connectés. Les "box" thématiques se sont ainsi multipliés, en particulier dans la domotique. Ces centrales ont vocation à devenir compatibles avec des familles d'objets toujours plus variées.

C'est ce même principe d'interaction avec une "base" physique qui guide la démarche d'acteurs comme Sen.se, l'inventeur du système "Mother". Ici, la box centralisatrice prend les formes rassurantes d'une poupée russe 2.0, qui communique avec de petits capteurs, les "motion cookies", capables de transformer n'importe quel objet du quotidien en objet connecté et intelligent.

La même logique est explorée par les start-up américaines SmartThings ou Notifon. Toutes ces solutions s'accompagnent d'applications pour mobiles et tablettes qui permettent d'interpréter les données générées par les capteurs, de créer des scenarios d'utilisation et de mettre en lien les objets les uns avec les autres. Ces écosystèmes deviendront de plus en plus ouverts et pourront fonctionner les uns avec les autres.

2. Des plate-formes de service cloud

A l'ère du cloud, on peut se passer d'une box et créer une plate-forme centralisatrice dans le nuage informatique. C'est le choix qu'a opéré Archos pour sa gamme d'objets connectés : ils communiquent avec une tablette et via le cloud maison.

De nombreux acteurs ont l'ambition de créer un outil d'administration en ligne tout-en-un pour objets connectés, à destination du grand public, des fabricants et des développeurs. Il serait à la fois un espace où regrouper tous ses objets et les contrôler, un magasin d'applications, un espace d'interaction entre constructeurs et développeurs...  La toute jeune start-up française Wicross fait partie des candidats à ce trône. Matooma aussi, mais sur le segment des objets connectés par carte Sim.

Une application fait déjà beaucoup parler d'elle et tend à s'imposer comme une référence : IFTTT (If This Then That). Elle permet de créer des cascades d'événements entre des objets connectés, des services Internet et les réseaux sociaux. Chaque utilisateur concocte ses propres "recettes" (selon la terminologie du service) et décide de connecter tel objet à tel service.

"C'est extrêmement intéressant, car cela permet de lier des objets qui ne sont pas censés communiquer ensemble", s'enthousiasme Alban Amouroux, chef de produits chez Myfox, créateur d'équipements et d'applications domotiques et de sécurité. Fred Potter, le créateur de Netatmo, voit aussi en IFTTT (ou dans les services similaires comme Zapier, davantage axé sur les réseaux sociaux) "une bonne approche" du problème.

A l'avenir, tous les acteurs du cloud vont construire des espaces permettant à un utilisateur de connecter ses services favoris et objets connectés de façon intuitive.

3. Des protocoles et standards mondiaux

Pour que tous ces écosystèmes coexistent pacifiquement, voire s'enrichissent mutuellement, il faut qu'émergent des passerelles, des standards acceptés par tous. Plusieurs consortiums travaillent pour créer des protocoles de communication adoptés par l'ensemble de l'industrie, comme Oasis, qui œuvre pour imposer le protocole MQTT, l'Industrial Internet consortium, fondé par Intel, IBM, Cisco, general Electric et AT&T, ou Allseen, qui rassemble les industriels du "tout internet" comme LG, Panasonic ou Qualcomm, et prône une solution ouverte, IP et multi-plateforme.

En terme de technologie de communication sans fil, le Bluetooth low energy tend à devenir la norme pour les objets grand public. Dans la domotique et dans les segments professionnels, d'autres solutions de communication à faible consommation énergétique sont opposées : enOcean, Zigbee ou la solution "Ultra narrow band" développée par le français Sigfox. Une action combinée des industriels et des pouvoirs publics devrait permettre de faire émerger des normes universelles, facilitant la vie des fabricants d'objets, des développeurs… et au final, des consommateurs.

Faudra-t-il vraiment réer de toutes pièces de nouveaux standards et de nouveaux consortiums, alors qu'il en existe déjà beaucoup, comme le W3C ? Thomas Nicholls, directeur marketing de Sigfox, préfèreraiit partir d'un "socle existant, comme les standards Internet", et imaginer des "extensions" pour mieux se concentrer sur ce qu'il nomme "l'interfaçage". Mais difficile de se mettre d'accord sur une technologie unique alors que les objets de demain et les nouveaux usages associés n'ont pas encore été inventés.

Sylvain Arnulf

 
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