Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

La Californie, c’est tout un roman [1/7] : La spiritualité

Pendant l’été, L’Usine Digitale vous propose de voyager au pays du numérique : la Californie. Pour cela, nous avons sélectionné six romans récents qui ont pour cadre ce territoire qui inspira de nombreux auteurs américains ou européens.... Premier épisode aujourd'hui avec "Les désertés", un roman où deux trentenaires italiens partent chercher le sens de leur vie en Californie, avec une incursion dans le Nevada.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

La Californie, c’est tout un roman [1/7] : La spiritualité
La Californie, c’est tout un roman [1/7] : La spiritualité © Wikipedia DR

Marco Mancassola a fait une entrée tonitruante sur la scène littéraire avec un roman intitulé "La vie sexuelle des superhéros", paru chez Gallimard (en poche chez Folio). Ce roman racontant les histoires de Superman, Batman côté chambre à coucher trouvait son ton juste entre le pastiche et le récit désenchanté d’un monde où même les superhéros prennent du Viagra.

 

DÉRPIME TRENTENAIRE

 Avec "Les désertés", le romancier italien révèle que le trentenaire bobo milanais, aussi bien que les super héros, est fatigué par un monde qui ne répond pas à sa "soif d'idéal, attiré par les étoiles, les voiles" comme aurait chanté Alain Souchon. Le roman commence quand un milanais qui peine à entrer dans la vie adulte part se réfugier auprès de son frère qui est devenu moine dans le désert californien. Là, il essaie à son contact de retrouver un sens à sa vie. Pour le dire autrement, le narrateur est un personnage en quête de hauteur.

 

Il est bientôt rejoint par son vieil ami, Danilo, un comique qui a eu son heure de gloire, hyper narcissique (il désespère quand sa dernière vanne n’est pas suffisamment liké sur les réseaux sociaux) et collectionnant les addictions (alcool, anti dépresseurs et les femmes aussi peut-être).

 

Ensemble, ils vont partir dans un voyage initiatique pour retrouver un chaman qui – Danilo en est certain – est capable de résoudre tous leurs problèmes. Le roman prend alors des allures de road movie dans le désert de Californie et du Nevada, jouant avec le genre pour mieux le détourner. Car, comme chacun le sait, plus que le but, c’est le chemin qui compte.

 

LE CHEMIN PLUS QUE LE BUT

En l’espèce, le chaman n’est peut-être qu’un trompe-l’œil et l’initié n’est pas celui qu’on croît. Au terme du roman, à la fois triste et joyeux mais toujours très exact, c’est une génération qui est décrite dans sa quête de place face au désenchantement du monde.

 

Surtout, les désertés invente le buddies movies (les films de potes) spaghetti, comme Sergion Leone inventa le western spaghetti. Soit une version qui rend hommage au genre initial tout en s'offrant le plaisir de l'ironie. Reste surtout un grand roman sur la grandeur de l’amitié. 

 

Les désertés, Marco Mancassola, Editions Gallimard Collection Du monde entier. Traduit par Vincent Raynaud

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media