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Le contrat entre le spécialiste des navettes autonomes Navya et le Coréen Esmo est compromis

L'argent promis pourrait ne pas arriver comme espéré. Le Lyonnais Navya a accordé un délai au Coréen Esmo pour qu'il investisse les 10 millions d'euros promis pour la seconde tranche de l'émission obligataire à laquelle il a souscrit.  
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Le contrat entre le spécialiste des navettes autonomes Navya et le Coréen Esmo est compromis
Le contrat entre le spécialiste des navettes autonomes Navya et le Coréen Esmo est compromis © Keolis

Navya a annoncé vendredi 20 décembre 2019 qu'il pourrait ne pas recevoir une tranche de 10 millions d'euros promis par l'entreprise coréenne Esmo Corporation. Le spécialiste lyonnais des navettes autonomes a accordé une extension de la période de souscription pour cette seconde tranche. Esmo a désormais jusqu'au 21 février 2020 pour payer cette somme de 10 millions d'euros.

 

Pourquoi Esmo demande un délai ?

Navya et Esmo Corporation avaient annoncés fin juin 2019 avoir signé un partenariat stratégique portant sur le développement conjoint d'activités de R&D, la formation d'une alliance industrielle pour optimiser les coûts de production et le support opérationnel, et la distribution des produits Navya en exclusivité en Corée du Sud, au Japon et en Chine. Grâce à ce contrat, Esmo devait prendre près de 20% du capital de Navya en investissant 20 millions d'euros via deux tranches d'émissions obligataires. La première, réalisée le 30 septembre 2019 pour un montant de 10 millions d'euros, est acquise. Mais, si la seconde tranche n'est pas réalisée dans ce nouveau délai imparti, les conséquences seront immédiates.

 

La "conversion automatique de 9 millions d'euros d’obligations déjà souscrites au prix de 2,75 euros par action" sera réalisée au 30 septembre 2020, détaille Navya dans un communiqué. La créance portant sur 1 million d'euro d'obligations déjà souscrites sera abandonnée ainsi que le projet de partenariat entre Esmo et Navya, qui sera remplacé par un unique accord de distribution exclusif en Corée, et Esmo Corporation n'aura plus de siège au conseil de surveillance de Navya.

 

Le Lyonnais ne précise pas si Esmo est en manque de capitaux pour réaliser cet investissement, s'il veut se désengager du secteur des navettes autonomes ou s'il pense que Navya ne répond pas aux promesses espérées. Il précise seulement disposer d'une trésorerie de près de 22 millions d'euros.

 

Le changement de stratégie de Navya

De nombreuses questions restent en suspense suite à cette annonce. Ce contrat avec Esmo s'inscrivait dans le changement de stratégie opéré par Navya. Suite à son entrée en Bourse, réalisée en juillet 2018, Navya était dans la tourmente. Il avait alors réalisé une levée de fonds de 37,6 millions d'euros, soit moins que les 50 millions d'euros espérés. Face à des résultats en berne, Navya a annoncé son changement de cap en juillet 2019.

 

Le Lyonnais expose alors une nouvelle stratégie consistant à commercialiser ses technologies (son logiciel et son architecture de capteurs) auprès d'industriels et à ne plus contrôler l'ensemble de la chaîne de valeur allant du développement logiciel au déploiement des véhicules, en passant par la conception. Navya est alors officiellement à la recherche de partenariats technologiques, industriels, de distribution et de support local. Esmo Corporation est l'un de ses premiers partenaires, qui s'est aussi rapproché de Charlatte pour automatiser ses tracteurs et chariots.

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