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Pour vous imposer aux Etats-Unis : présentez une dream team

Le troisième des quatre conseils que vous donne L'Usine Digitale pour vous lancer avec succès sur le marché américain de la high-tech : recruter une équipe en or et savoir la mettre en valeur. Pour recruter des collaborateurs de qualité aux USA, il faut avoir le soutien d'investisseurs locaux. Une forme de garantie pour les candidats.
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Pour vous imposer aux Etats-Unis : présentez une dream team
Pour vous imposer aux Etats-Unis : présentez une dream team © DR

"Pour bien vendre votre projet, il faut être un as de la technologie que vous développez, c’est le minimum", souligne Fred Marin, fondateur de GMP-Orphan, qui développe des médicaments pour lutter contre les maladies rares. Si vous cherchez des salariés pour développer votre produit et vos ventes, vous pouvez être technique. Mais "si ce sont des investisseurs que vous voulez séduire, n’en faites pas des tartines. Ce n’est pas votre techno qu’ils achètent, c’est votre équipe", assure l’entrepreneur. Lorsque vous faites une présentation de votre société, avec un PowerPoint par exemple, il faut qu’elle vienne au début. "C’est souvent mon troisième slide", précise Fred Marin. Il faut mettre en valeur ses compétences, prouver que ses membres ont déjà collaboré ensemble avec succès.

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Mais construire le pool parfait n’est pas une mince affaire outre-Atlantique. "Quand je me suis installé aux Etats-Unis, j’ai recruté des locaux, analyse Jérôme Lecat, fondateur et directeur de Scalcity, une entreprise d’informatique implantée aux USA. Je me rends compte aujourd’hui que mes premiers salariés américains avaient un mauvais niveau : ils ne sortaient pas de bonnes écoles, avaient mauvaise réputation sur le marché… A l’époque, aucun Américain n’avait investi dans mon entreprise. Or les candidats de qualité postulent dans des start-up dont ils connaissent les partenaires, c’est un forme de garanti".

Une vision archaïque du marché du travail hexagonal

Dans l'idéal, il est donc préférable de commencer avec une équipe 100% française, des recrues de bon niveau, trouver ensuite des business angels sur place et enfin recruter sur place. Mais Jérôme Lecat prévient : "Pour lever des fonds, j’ai organisé aux Etats-Unis une réunion avec 100 investisseurs. Je leur ai présenté le projet et l’équipe. Lorsque j’ai dit qu’une partie de mes salariés travaillent en France, 20 personnes se sont levés et ont quitté la salle. Instantanément. Les Américains ont une vision archaïque du droit du travail français : ils pensent qu’il est impossible de licencier dans l’Hexagone. La vie d’une jeune entreprise est faite de haut et de bas. En cas de coup dur, il faut avoir les mains libres. Les investisseurs se figurent que ce n’est pas le cas en France."

Il poursuit : "Nous avons finalement réussi à lever 22 millions de dollars et mon plus gros investisseur est un fonds d’investissement américain, Menlow Venture. Ils m’ont longuement interrogé sur la manière dont je manage mon équipe en France, sur ma gestion RH… J’ai réussi à gagner leur confiance."

Lélia de Matharel

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