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Uber et Lyft menacent de fermer leurs services de VTC en Californie

Vu ailleurs Contraints par un juge californien de requalifier les chauffeurs de VTC dans cet Etat en salariés pour se conformer à la loi AB5, Uber et Lyft menacent tout simplement d'y cesser leur service. Les deux entreprises, qui jugent impossible de changer de modèle économique aussi rapidement, ont interjeter appel et attendent avec impatience le référendum qui doit se tenir sur ce sujet en novembre.
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Uber et Lyft menacent de fermer leurs services de VTC en Californie
Uber et Lyft menacent de fermer leurs services de VTC en Californie © Lyft

Uber pourrait être contraint de fermer durant plusieurs mois son application en Californie, a répété à plusieurs reprises son CEO Dara Khosrowshahi auprès de la presse américaine. La raison ? L'injonction préliminaire prise par un juge lundi 10 août 2020 enjoignant à Lyft et Uber à se conformer à la loi AB5 qui requalifie les chauffeurs de VTC en salariés.

Cette injonction préliminaire du juge doit prendre effet 10 jours après son adoption. Mais les avocats d'Uber ont demandé à ce qu'elle soit suspendue le temps que la Cour d'appel, saisie par l'entreprise, rende son jugement, rappelle TechCrunch.

Flexibilité et droits sociaux
"Il est difficile de croire que nous pourrons changer notre modèle avec des emplois à plein temps rapidement", a répété à plusieurs reprises Dara Khosrowshahi. Lyft a rapidement suivi son concurrent. Son cofondateur et président John Zimmer, relève The Verge, a déclaré lors de la présentation des résultats trimestriels de l'entreprise mercredi 12 août : "Si nos efforts ne sont pas récompensés cela nous contraindra à suspendre nos opérations en Californie".

Uber et Lyft répètent sans cesse que les chauffeurs préfèrent avoir un statut d'indépendant qui leur permet d'avoir plus de flexibilité dans l'organisation de leurs horaires. De l'autre côté, les partisans du salariat mettent en avant l'impossibilité pour eux d'avoir une assurance santé avec leur travail, de toucher le chômage, d'avoir des congés payés ou des arrêts maladie. Sans parler de la dépendance totale envers les plateformes.

Un référendum en novembre
Coup de bluff ou impossibilité de faire autrement ? Une chose est sûre, si les deux entreprises luttent depuis le début contre cette loi AB5, celle-ci a été adoptée en septembre 2019 avec une entrée en vigueur en janvier 2020. Entre temps, de long mois se sont écoulés durant lesquels Uber et Lyft ont tout mis en œuvre pour lutter contre elle et obtenir la tenue d'un référendum le 22 novembre prochain.

Si les californiens se prononcent en faveur de la requalification des chauffeurs de VTC en salarié, ce serait un vrai coup dur pour ces entreprises. L'Etat qui les a vu naître, ainsi qu'une partie des start-up dites de la "gig economy" ou économie des petits boulots, mettrait définitivement fin à ces emplois jugés précaires et peu sécurisant. Ce référendum pourrait-il sonner la fin de partie pour toutes ces start-up dont le modèle économique repose sur des travailleurs qui n'ont d'indépendant que le nom ?

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