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Le confinement, un accélérateur pour la livraison de repas à domicile ?

De grands noms de la gastronomie française ont annoncé qu'ils se lançaient dans la livraison à domicile lors du confinement puis du déconfinement progressif. Un moyen pour les restaurateurs de poursuivre leur activité, même de façon réduite. Mais qu'en est-il vraiment ? Le boom de la livraison de repas à domicile a-t-il vraiment eu lieu ?
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Le confinement, un accélérateur pour la livraison de repas à domicile ?
Le confinement, un accélérateur pour la livraison de repas à domicile ? © Deliveroo

Entre février et mai, Uber Eats assure que le nombre de restaurateurs inscrits sur sa plateforme a doublé en France (+64% à l'international). Des chiffres qui semblent montrer que bon nombre de restaurateurs se sont lancés dans la livraison à domicile ces derniers mois afin de poursuivre leur activité. Mais y a-t-il vraiment eu un "boom" de la livraison de repas à domicile ?

Une baisse des livraisons

Deliveroo déclare avoir vu le nombre de restaurants disponibles sur son application fondre de moitié sur sa plateforme au début du confinement. Et ce malgré les 2 000 nouvelles inscriptions enregistrées durant cette période. De nombreux professionnels ont choisi de baisser totalement les stores plutôt que de poursuivre une activité partielle uniquement dédiée à la livraison. Cette baisse s'est évidemment répercutée sur le nombre de livraisons réalisées, même si la licorne britannique, comme ses concurrents, ne souhaite pas donner de chiffre précis.

Uber Eats n'a pas souhaité communiquer sur la diminution de l'offre sur son application. L'entreprise argue seulement que si certains restaurants ont fermé leurs portes, et notamment les grandes chaînes, "les restaurants qui continuaient à utiliser l’application ont vu leur nombre de commandes augmenter. Puis, au fil de l’eau, il y a eu un retour des chaînes et également l’inscription de nouveaux restaurants". Toutefois, il est probable que la tendance soit similaire à celle vécue par Deliveroo. Ce dernier s'est même retrouvé à devoir demander l'autorisation aux autorités britanniques de recevoir, de manière temporaire, les fonds d'Amazon bloqués le temps qu'une enquête sur la concurrence soit menée.

Pour la suite des événements, l'une des inconnues réside dans le nombre de restaurants qui vont faire faillite en raison de trop grandes difficultés financières. Quelles répercussions auront ces fermetures sur les plateformes de livraison ? Une chose est sûre : au 8 juin, Deliveroo assure ne pas encore être revenu à son niveau d'avant confinement. Alors pourquoi a-t-on pu penser que cette crise sanitaire favoriserait le boom de la livraison de repas à domicile ?

Développement d'alternatives aux plateformes

Un certain nombre de restaurants se sont effectivement lancés dans l'aventure. Des initiatives qui ont reçu un fort écho dans la presse, laissant penser que ces plateformes de livraison connaissaient un surcroit d'activité... Ce qui n'a finalement pas été le cas. Si certains restaurateurs, parfois de renom (Michel Serran, Baptiste Renouard, Ludovic Turac, etc.), se sont effectivement inscrits sur ces applications, d'autres ont préféré se tourner vers des solutions grâce auxquelles ils peuvent gérer leurs livraisons eux-mêmes.

Pour leur faciliter la mise en place de ce nouveau service, le fournisseur de solution de e-commerce Shopify a récemment annoncé la mise en place d'un service de livraison du dernier kilomètre. En France, celui-ci est effectué par Stuart, la filiale de La Poste. Pour ceux qui peuvent gérer leurs propres livreurs, Here Technologies met gratuitement à disposition des commerçants et restaurateurs Here WeGo Deliver. Cette solution permet de gérer ses tournées de manière efficace. En se passant des plateformes de livraison bien connues, les restaurateurs gardent leur indépendance (et leurs marges) mais ne bénéficient pas de la grande visibilité apportée par ces applications, qui recensent de très nombreux restaurants dans une interface unique.

En parallèle, des initiatives locales et qui se veulent plus éthiques fleurissent. Par exemple, comme l'a repéré France Bleu Isère, à Grenoble la coopérative de livreurs à vélo Sicklo propose ses services aux restaurateurs. L'ensemble des restaurants sont recensés sur le site de Sicklo sur lequel il est possible de passer directement sa commande. Ce modèle de coopérative est d'ailleurs prôné par la fondation Jean Jaurès, selon qui la création et l'adhésion à des coopératives autoriserait les livreurs à rester des indépendants libres de leurs faits et gestes, tout en leur donnant accès à une meilleure protection sociale.

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