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Accident mortel causé par une voiture autonome : Uber accusé de laxisme

Le National Transport Safety Board met en cause la "culture inadéquate de la sécurité" chez Uber pour expliquer l'accident mortel impliquant l'un de ses véhicules autonomes. Le manque de vigilance de l'opératrice de sécurité est aussi à nouveau pointé du doigt.
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Accident mortel causé par une voiture autonome : Uber accusé de laxisme
Accident mortel causé par une voiture autonome : Uber accusé de laxisme © Uber

Le National Transport Safety Board  (NTSB) a rendu un nouveau rapport mardi 19 novembre 2019 sur l'accident mortel de mars 2018 impliquant un véhicule autonome Uber. Si l'agence américaine en charge des transports met en cause l'opératrice de sécurité présente à bord, elle évoque aussi la "culture inadéquate de la sécurité" chez Uber.

 

Des opérateurs peu contrôlés

La cause immédiate de l'accident, selon le NTSB, est l'échec de l'opératrice de sécurité à surveiller correctement la route et le fonctionnement du système de conduite autonome lui-même puisque l'opératrice était visuellement distraite par un téléphone portable personnel. La police de Tempe, en Arizona, a révélé que l'opératrice regardait The Voice au moment de l'impact et que l’accident était "entièrement évitable" si elle avait été plus vigilante.

 

Toutefois, précise le NTSB, la "culture inadéquate de la sécurité" chez Uber a aussi contribué à cet accident mortel. Le NTSB résume cette culture par un ensemble de facteurs : les procédures inadéquates d'évaluation des risques de sécurité mises en place par Uber, la supervision laxiste des opérateurs à bord des véhicules et l'absence de mécanismes adéquats permettant de répondre à l'habitude des opérateurs de sécurité lorsque les véhicules sont en mode autonome.

 

Alors qu'Uber avait la capacité de contrôler rétroactivement ses opérateurs, la société ne le faisait que très rarement. L'entreprise a même retiré le second opérateur de sécurité de ses véhicules autonomes. Uber "ne faisait malheureusement pas de la sécurité sa première priorité", résume dans un communiqué le président du NTSB, Robert L. Sumwalt. Depuis, l'entreprise semble vouloir revoir sa copie puisque Uber a repris de façon très limitée ses tests de véhicules autonomes et prend le temps de détailler plus amplement l'ensemble de sa démarche.

 

Mieux encadrer les tests de véhicules autonomes

Le fait que la piétonne ait traversé en dehors d'un passage clouté ainsi que l'insuffisance de supervision des tests de véhicules autonomes par le département des transports de l'Arizona ont aussi contribué à cet accident. Le véhicule autonome a bien détecté la victime, mais ne l'a pas identifiée comme étant une personne. Le logiciel étant tout simplement incapable de reconnaître une personne traversant en dehors des clous.

 

Face à ces constats, le NTSB demande aux régulateurs fédéraux de créer des processus d'examens avant d'autoriser des tests de véhicules autonomes sur routes ouvertes. La National Highway Traffic Safety Administration (NHTS), l'agence américaine en charge de la sécurité routière, devrait aussi demander aux entreprises réalisant des tests de véhicules autonomes des rapports détaillant leurs procédures de sécurité. Le NTSB ajoute que son rapport complet sera disponible d'ici quelques semaines.

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