Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Pourquoi Verizon et le Daily Mail convoitent Yahoo!... et sont mieux placés que Google

Analyse Google mais aussi l’opérateur Verizon et le quotidien britannique Daily Mail volent en rond autour d’un Yahoo! agonisant et désormais en vente. Les pure players du numérique ne sont plus seuls à convoiter les actifs des ex-géants du Web. En pleine transformation numérique, les médias ou les opérateurs télécoms cherchent à se diversifier.

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Pourquoi Verizon et le Daily Mail convoitent Yahoo!... et sont mieux placés que Google
Pourquoi Verizon et le Daily Mail convoitent Yahoo!... et sont mieux placés que Google © Verizon

Finalement, il semblerait que Yahoo! ait de beaux restes. Assez pour que sa mise en vente affole le secteur et séduise la star du numérique, Google. Mais l’ancienne gloire du Web attire aussi des prétendants plus inattendus tels le numéro un des télécoms américains Verizon ou le quotidien britannique Daily Mail.

 

plus de 200 millions de visiteurs uniques mensuels, malgre tout

Marissa Mayers, la CEO venue de chez Google en 2012 pour redresser Yahoo!, a certes failli à sa tâche et le met en vente par appartements. Selon le site américain Re/Code, qui s’est procuré les documents financiers de Yahoo! fournis aux acheteurs, l’entreprise en chute libre anticiperait une baisse de 15% de son chiffre d'affaires pour 2016.

Pourquoi, alors, Yahoo! attire-t-il autant de prétendants ? C’est simple. Malgré ses difficultés, Yahoo! demeure le troisième service en ligne le plus populaire derrière Google et Facebook avec plus de 200 millions de visiteurs uniques par mois ! Ne reste plus qu'à les transformer en or.

 

Verizon, le favori

Les observateurs font de Verizon leur favori. Premier atout, le numéro un des télécoms américains risque peu de se voir entraver par les autorités de la concurrence puisqu’il exerce dans un secteur différent de Yahoo! Par ailleurs, il dispose de la capacité financière d’assumer un tel rachat. Un analyste de la firme Suntrust évalue celle-ci à 8 milliards de dollars. Il estime que Verizon pourrait de plus supprimer jusqu'à 40% des effectifs de Yahoo! pour cause de doublons pour économiser 2 milliards d’euros.

 

Enfin, cette opération entre dans le cadre de l’indispensable nécessité des acteurs des télécoms de se transformer au-delà des seuls réseaux. En 2015, Verizon avait déjà acquis une autre gloire de l’Internet des années 90, AOL. Cette fois, il convoiterait au moins toute l’activité Internet de Yahoo! La combinaison des deux, selon certains analystes, pourrait même lui permettre de jouer presqu’à jeu égal avec Google en personne sur le terrain de la publicité.


Le Daily Mail, la presse à l’attaque

Elle a été longue à démarrer, mais la transformation numérique des medias est elle-aussi en marche. Pour preuve, Daily Mail & General Trust, maison mère du tabloïde britannique éponyme serait intéressée, en toute logique, par le fil d’actualité, Yahoo Sports, Yahoo Finance et certaines activités media. Un porte-parole du quotidien a expliqué la candidature dans le WSJ par le succès de son site DailyMail.com et d’Elite Daily, site de news pour la génération millenials acquis en janvier 2015.

 

En s’offrant une partie de Yahoo!, le britannique renforcerait sa présence aux Etats-Unis où il est installé depuis 2012. Le WSJ rappelle que le "mix d’agrégation d’informations et de couverture de l’actualité people et à scandale de l’éditeur ont attiré 66,7 millions de visiteurs uniques par mois aux Etats-Unis en février". Le Time, dont le site en séduit lui quelque 110 millions de VU mensuels, est d’ailleurs aussi sur les rangs.

 

Google, celui par qui tout est arrivé...

Google est en quelque sorte à la fois le problème et la solution. C’est bien par lui, et ses omnipotents moteurs de recherche et d’actualités, que le malheur de Yahoo! est arrivé. Mais aujourd’hui, il aurait déclaré son intérêt pour son ancien concurrent. On pourrait trouver étonnant que le maitre du jeu ait envie de s’offrir cette gloire déchue. Mais le moteur de recherche reste la vache à lait de Google sans laquelle Alphabet n’est plus rien. Même si avec près de 75 milliards de chiffre d'affaires, le géant ne risque pas grand-chose, il a tout intérêt à récupérer les utilisateurs de Yahoo! pour les monétiser auprès de ses clients, plutôt que de les laisser à la concurrence. Et autant dire qu’il en a les moyens.

 

... mais serait contraint par les autorités de la concurrence

Reste que le géant est justement devenu un quasi-monopole dans ces domaines. Et les autorités américaines de la concurrence pourraient lui mettre des bâtons dans les roues. Interrogé par le Washington Post, Gene Kimmelman, un ancien membre de l’autorité de la concurrence du ministère américain de la justice estime pourtant qu’il faudrait peut-être le laisser faire : "Imaginez que Google applique ses capacités publicitaires au contenu et à l’audience de Yahoo, éliminant au passage un rival plus faible ! C’est pourtant pour ces raisons précises qu’il va faire l’objet d’une observation à la loupe de la régulation antitrust qui l’ont déjà scruté avec suspicion dans le passé."


Marissa Mayer a laissé aux repreneurs intéressés une semaine supplémentaire jusqu'au 18 avril. Qui sait si d’autres prétendants, attendus ou atypiques, se déclareront dans l’intervalle.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

fdgh
11/04/2016 16h00 - fdgh

Marissa Mayer a laissé aux repreneurs intéressés une semaine supplémentaire jusqu'au 18 avril. Qui sait si d’autres prétendants, attendus ou atypiques, se déclareront dans l’intervalle.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale