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Uber provoque l'insurrection des taxis nantais

Uber a lancé le 8 juin son service UberPop à Nantes, Marseille et Strasbourg. Les taxis nantais ont immédiatement envahi l'hôtel où le groupe californien était venu recruter des candidats chauffeurs. La préfecture a réagi alors que la ville était toujours bloquée le 9 au matin.
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Uber provoque l'insurrection des taxis nantais
Uber provoque l'insurrection des taxis nantais © Emmanuel Guimard

Uber peut se vanter d'avoir provoqué sans délais la colère des taxis et le blocage des rues de Nantes, sitôt l'annonce du déploiement de son service de voiture avec chauffeur particuliers dans cette ville ainsi qu'à Marseille et Strasbourg ce 8 juin. Le groupe californien a en effet annoncé son intention de poursuivre "sereinement" son développement en France malgré les controverses et ennuis judiciaires. A Nantes, la firme revendique déjà 12000 téléchargements et un millier d'aspirants chauffeurs.

En début d'après midi, une délégation de chauffeurs de taxis s'est rendue à la préfecture de Loire-Atlantique pour demander un arrêté d'interdiction des activités d'Uber à Nantes. A 17h00 dans l'après-midi les taxis nantais bloquaient encore plusieurs grands axes clés de l'agglomération. Une vingtaine de chauffeurs faisaient le siège du Novotel du centre-ville où le leader mondial des voitures de transport avec chauffeur (VTC) était venu recruter des conducteurs. En fin d'après-midi, les représentants de la firme américaine étaient toujours barricadés dans l'hôtel.

"Ils se souviendront de nous"

"Uberpop, travail dissimulé, ils perçoivent l'Assedic et ne paient pas d'impôt", peut-on lire sur les pare brise des taxis. "Leur service est déjà en marche, raconte "Taxi 107", l'un des porte-paroles des taxis en grève. On a téléchargé l'application et fait venir un Uber, un 'monsieur tout le monde' dans une Audi Q5 et un autre dans une Mercedes classe A. Ces gens là viennent gratter 6 euros là où nous prenons 20 euros, mais sans payer de taxes. Ils nous ont juré qu'ils enlèveraient l'application. Je crois qu'ils se souviendront de nous." Les taxis nantais n'en resteront pas là. "Demain, nous bloquons le centre-ville et le périphérique", prévient "Taxi 107".

En marge de l'événement, le bruit médiatique fait son petit effet. Mathieu, 27 ans, s'imagine parfaitement en chauffeur d'Uber en plus de son métier d'informaticien dans une grosse société de services en informatique. Ce célibataire, passionné de voiture, correspond au profil recherché par la firme avec son Audi A3 neuve et de larges plages de temps disponible. "J'aime rouler, j'ai un budget voiture élevé et j'ai lu que l'on pouvait gagner jusqu'à 1000 euros en une trentaine d'heures de présence, expose le candidat chauffeur qui ignorait le service il y a encore deux jours. Mais s'il y a des chasses aux Uber, je réfléchirai à deux fois."

exercice illégal la profession de taxi

Dans la soirée, la préfecture de Loire Atlantique a mis en garde les candidats chauffeurs. "Ce service ne correspond à aucun type d'activité de transport de personnes autorisé par la loi, rappellaient les services de l'Etat. Les particuliers qui le mettraient en œuvre exerceraient illégalement la profession de taxi. Une grande vigilance sera accordée vis-à-vis de tout exercice illégal de la profession : les contrôles seront renforcés pour sanctionner ces infractions." Et l'administration de rappeler aux contrevenants les peines encourues : "un an d'emprisonnement et 15000 euros d’amende pour l'exercice illégal de la profession de taxi ou de l'activité de transport avec chauffeurs ; et trois ans d'emprisonnement et 75000 euros d’amende pour la dissimulation d'activité." Il en faudra davantage pour arrêter Uber.

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