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Numericable ou Bouygues, le rachat de SFR recomposera le puzzle des télécoms français

Numericable et Bouygues auraient déjà déposé un dossier de rachat de SFR auprès de Vivendi. Quelle que soit l’opération finale, le paysage des télécoms français en sera complètement changé.
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Numericable ou Bouygues, le rachat de SFR recomposera le puzzle des télécoms français
Numericable ou Bouygues, le rachat de SFR recomposera le puzzle des télécoms français © Echerries - Flickr - C.C.

Vivendi a pressé les candidats au rachat de sa filiale télécoms SFR de déposer leur dossier avant ce soir, 5 mars, à 20h. Et comme l’indique le quotidien Les Echos, Numericable et Bouygues auraient déjà déposé leur offre. Mais quel que soit le choix de Vivendi, il s’agit de bien plus que d’un simple jeu à trois. L’opération entraînera quoiqu’il arrive une recomposition du puzzle des télécoms français.

Bouygues envisagerait donc, lui-aussi, d’absorber SFR. Si c’est cette union que Vivendi privilégie, la France se retrouverait avec trois grands opérateurs, mieux armés pour se partager les revenus globalement affaiblis et en conséquence, d’investir dans leurs infrastructures. Numericable, en revanche, resterait l’acteur du câble, de la fibre et de l’entreprise qu’il est aujourd’hui. Reste que selon Les Echos, dans l’éventualité d’un rachat, Bouygues revendrait son réseau mobile (et même des fréquences) à Free. Et ce, alors que Bouygues et SFR venaient tout juste d’annoncer la mutualisation de leurs deux infrastructures pour des raisons à la fois de réduction de coût et d’accélération du déploiement. Si Free ne fait pas d’offre en propre - il aurait été retoqué l’an dernier par l’autorité de la concurrence , il se retrouverait ainsi avec une infrastructure et une couverture à la hauteur d’un opérateur national.

Jeu de séduction

Mais, qui sait, la filiale d’Iliad pourrait peut-être faire de même dans le cas d’une acquisition de SFR par Numericable cette fois. Dans une déclaration au Figaro, Patrick Drahi, propriétaire d’Altice, détenteur de Numericable, a expliqué qu’il voulait faire de son entreprise agrandie (qui prendrait le nom de SFR) un géant du câble. Un marché bien plus rémunérateur que celui du mobile. "Les usages de la vidéo ont fait grimper la valorisation de tous les cablo-opérateurs dans le monde" rappelle Jean-Laurent Poitou, directeur exécutif senior chez Accenture. Numericable pourrait ainsi, soit revendre l’activité mobile, soit en faire une activité secondaire. Patrick Drahi a aussi affirmé qu’il conserverait tous les emplois chez les deux opérateurs. Un argument essentiel aujourd’hui en particulier face à un Arnaud Montebourg aux aguets. D’autant que dans l’entretien, le patron d’Altice pousse le jeu de séduction jusqu’à promettre de poursuivre l’investissement en faisant appel aux industriels français (Alcatel-Lucent, Technicolor, Sagemcom). En revanche, ce mariage laisserait Bouygues Telecom isolé face à ce nouveau SFR, à Orange et à Free, et contraint de se rapprocher à contre cœur de la filiale d’Iliad.

Une fois fait le choix de Vivendi, restera encore à connaitre l’avis de l’autorité de la concurrence, qui s’est régulièrement opposée à de tels rapprochements. Mais, malgré d’éventuelles protestations d’Orange - exclu de ces négociations et qui ne s’exprimera pas avant l’annonce de ses résultats annuels le 6 mars - il lui faudra prendre en compte les difficultés des acteurs impliqués à survivre seuls.

Emmanuelle Delsol

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