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"Kickstarter est un passage obligé pour tout nouveau fabricant de hardware" selon le PDG d'Optinvent

mis à jour le 28 novembre 2014 à 15H17
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La start-up rennaise Optinvent, qui a conçu un modèle de lunettes de réalité augmentée, mène sa première campagne de financement participatif sur la plate-forme américaine Kickstarter. Une étape risquée mais incontournable, affirme son PDG Kayvan Mirza.

Kickstarter est un passage obligé pour tout nouveau fabricant de hardware selon le PDG d'Optinvent
Kayvan Mirza, président d'Optinvent (à gauche) © ActuaLitte - Flickr CC

Lors de la Connected Conference, en juin dernier à Paris, Fred Potter, fondateur de Netatmo, annonçait la fin des campagnes de financement participatif pour les start-up du hardware : avec la hausse des coûts de R&D, ce mode de financement va devenir insuffisant pour les pépites du secteur, estimait-il. Sans compter l'inflation des coûts de marketing pour réussir sa campagne, qui rend le retour sur investissement plus difficile à atteindre, a-t-il argumenté.

Les succès de Lima, Hexo+ ou Giroptic pourront-ils être réédités par d'autres acteurs français ou assiste-t-on à la fin d'une vague ? La start-up rennaise Optinvent veut croire en ses chances et a lancé fin août une ambitieuse campagne sur le site américain Kickstarter. Elle veut lever 100 000 dollars pour lancer ses premiers modèles de lunettes connectées à réalité augmentée : l'Ora-1 (destinée aux développeurs) et l'Ora-S (pour le grand public).

Après trois semaines de campagne, 40% de la somme a été récoltée. "Ça avance lentement mais sûrement" commente Kayvan Mirza, président d'Opptinvent, pas effrayé par le risque que représente une telle campagne (car si 100% de la somme n'est pas récoltée, les fonds sont perdus). "Je n'ai aucun doute sur le fait que nous allons réussir", confie-t-il.

kICKSTARTER, UNE PLATE-FORME PUBLICITAIRE

De toute façon, cette campagne Kickstarter n'a pas pour but premier de financer le développement de la start-up. D'ailleurs des levées de fonds plus classiques, auprès de business angels, lui ont déjà permis de lever 1,5 millions d'euros. Non : l'objectif est bien de faire parler de la jeune société et de ses technologies. "On voit Kickstarter comme une plate-forme de publicité, de relations publiques, explique Kayvan Mirza. C'est aussi un moyen d'attirer l'attention des financeurs. D'ailleurs, lorsque l'on rencontre des capital-risqueurs américains, la première question que l'on nous pose c'est 'avez-vous fait une campagne Kickstarter ?' C'est véritablement un passage obligé, surtout pour un nouveau fabricant de hardware. En France, on nous demande plutôt "quelle est votre part de marché" et on a bien du mal à faire comprendre que le marché n'existe pas encore, que c'est un pari".

attirer les développeurs

L'autre objectif de cette campagne, c'est de fédérer une communauté de développeurs autour de son projet. Kickstarter est la plate-forme idéale pour toucher un public de technophiles prêts à mettre les mains dans le code. "On cherche à étendre notre plate-forme développeurs, avoir plus d'applications, étoffer notre magasin d'applications, l'AppstOra, pour atteindre une masse critique. Tout cela vise à préparer le terrain".

Optinvent veut commencer par séduire des professionnels (industriels notamment) avec des applications conçues sur mesure, pour répondre à leurs problématiques précises. Un kit de développement leur est d'ores et déjà proposé pour tirer parti de la technologie d'affichage en réalité augmentée développé par la start-up française. Ensuite, à l'horizon 2015, Optinvent vise le grand public avec un modèle plus généraliste et ludique, l'Ora-X, dont un prototype devrait être présenté lors du CES, en début janvier.

"jouer grand"

L'entreprise française ne fait pas de complexe d'infériorité face aux géants qui veulent investir le secteur, comme Google et ses "Glass". "Il faut jouer grand : en France, on est trop souvent dans le fatalisme. Les lunettes à réalité augmentée, c'est un nouveau segment qui risque d'être énorme, personne ne sera en situation de monopole. Comme pour les smartphones, même s'il y a segmentation, il y a de la place pour tout le monde. Notre produit a été conçu pour être fabriqué en grande série avec un coût de production réduit. On pense que le prix sera le premier critère de choix. L'Ora-1, en version développeurs, est disponible à 599 dollars via Kickstarter, là où les Google Glass coûtent 1500 dollars". La start-up rennaise ne manque pas d'arguments : encore faut-il qu'elle ait l'occasion de les faire valoir. "C'est vrai que Kickstarter est victime de son succès et qu'il est difficile de sortir du lot", concède le dirigeant.

Sylvain Arnulf

 
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